Bilan Magazine : Ces entrepreneurs qui développent des agents IA au service de l’humain

Bilan Magazine : Ces entrepreneurs qui développent des agents IA au service de l’humain

Alexandre Cacheiro est le cofondateur de la fiduciaire 100% numérique Efid. En 2024, ce programmeur amateur a créé le logiciel d’automatisation de la comptabilité par IA GeniusCount. Depuis quelques mois, GeniusCount a fait un bond en avant grâce à OpenClaw, un agent AI autonome et open source capable d’exécuter des tâches complexes et de prendre des initiatives.

« On a vu toutes les barrières tomber, remarque Alexandre Cacheiro. On arrive à tout faire, pour autant qu’on possède toutes les données et un processus clair. Notre but est d’offrir aux fiduciaires leur propre agent pour les assister dans le travail de tous les jours. » Les tâches accomplies par l’agent couvrent une énorme partie du métier de fiduciaire, de la préparation d’un contrat de travail à la documentation de transactions comptables ou encore d’analyse de l’application de la TVA.

« Nous ne tuons pas le métier. Nous sommes en train d’élargir ses compétences, nuance Alexandre Cacheiro. L’employé d’une fiduciaire ne sera plus celui qui encode des écritures et passe des documents dans la comptabilité, mais plutôt celui qui analyse les comptes, intègre des informations d’autres systèmes, aide à piloter l’entreprise. »

Pour accompagner cette « rupture du métier », le développement d’outils à l’interne est pratiquement indispensable. L’un des grands avantages de GeniusCount réside dans le fait qu’il s’installe sur son propre matériel informatique. Or, les métiers manipulant des informations confidentielles, à l’instar des fiduciaires, sont soumis à une pression particulièrement forte en matière de protection des données.

« Il faut des modèles très performants pour utiliser ces agents, explique Alexandre Cacheiro. Mais ils n’existent pas encore en Suisse, alors que nous avons besoin d’être 100% locaux pour être conformes aux standards de sécurité. » L’entrepreneur se prépare donc à implémenter une solution hautement sécurisée, qui reste dans un environnement clos.

 

Lucie MONNAT, journaliste Bilan Magazine

Publié le 03.06.2026, 06h00